Les vergers à hautes-tiges

Le verger haute-tige est une culture traditionnelle de fruitiers. Son exploitation habituelle se fait sur un pré de fauche ou de pâture. Pendant des siècles cette structure a permis de sélectionner des arbres et des fruits pour leur qualité de conservation (garde), de résistance aux maladies, de qualité de port (solidité et souplesse) et de développer des fonctionnalités spécifiques (fruits à cuire, à confire, à cidre, à sécher).

Pré-verger dans une pâture pour chevaux.

La particularité est de former l’arbre avec une couronne au-dessus du tronc à env. 180cm pour une hauteur globale de 3,5 m. Les arbres non taillés ou très vigoureux peuvent évidemment atteindre plus de 10m. La fonction écologique des vergers haute-tige est unique et essentielle pour les insectes, les oiseaux, la petite et la grande faune. La richesse de la diversité génétique et une sélection soigneuse de ces arbres permet de s’adapter à des nouveaux parasites ou à des changements climatiques. Les vergers sont un attribut essentiel du paysage rural : dans les alentours des villages et des fermes foraines ou dans les prés : des « esserts » ou des « crêts » et vallons qui ne sont pas exploitables pour le maraîchage ou la culture de céréales.

Pré-verger en fleurs, (les feuilles apparaissent à peine) dans la lumière du soir.

Les vergers haute-tige sont en voie de disparition. Pourtant les arbres plantés il y a plus de 50 ans peuvent produire plusieurs tonnes de fruits par an. La plantation est subventionnée actuellement, on voit donc de jeunes arbres, mais il n’y a pas vraiment de filière pour leur production, rares sont les agriculteurs qui ont les moyens financiers et techniques, et le temps pour mettre en place tout ce qu’une filière exige.

La bourse aux fruits est la plateforme d’échange qui permet de planter, entretenir et cueillir les vergers qui – la plupart du temps – ne sont pas entretenus.

Taille des arbres à la fin de l’hiver avec Rémi Cardinaux, notre Maître socio-professionnel.
Taille importante après plusieurs années sans soins.

Nous organisons des mesures d’insertion en lien avec l’arboriculture fruitière et la production de conserves de fruits locaux. Ce travail de terrain mené depuis six ans, nous a permis de reprendre le Pressoir d’Orbe pour transformer, pour notre compte ou celui de tiers, plusieurs dizaines de tonnes de fruits à pépins par année en délicieux jus de fruits.

L’avenir du fruitier haute-tige est sans doute dans une combinaison : forêt-jardin que la permaculture et l’agroécologie mettent en avant, mais qui demande encore des expérimentations. À ce titre, les essais de l’Ecole d’agriculture de Marcelin (Morges) sur le « BioDi-Verger » sont exemplaires.